las patronas





In the Mexican village of La Patrona, near Amatlán de Los Reyes in the state of Veracruz, a group of women helps migrants from Central America on their long and perilous journey aboard the freight trains heading to the United States.Las patronas ( literally translated as the "bosses") is a local group, set up by a dozen of women living either in La Patrona or the surrounding areas. Since the start of the movement, back in 1995, Norma Romero, the founder, her sisters, daughters and neighbors have all decided to dedicate their life at feeding the passing migrants from the Honduras, Salvador or even Guatemala, who travel aboard "La Bestia", the freight train network that crosses Mexico all the way to the United States border.Initially a movement rejected by the local community, their action became successful after 10 years of enduring effort. Las patronas are now are respected group that has drawn both the media and local political attention. A popularity which hasn't altered their action : for the past 21 years, their daily task is to help starving migrants flee the local violence of country gangs or simply the lack of opportunities.A "normal" practice for Norma Romero today: "For each man or woman who is on that train, there is a mother who is in pain and praying for the safety of his or her child. When we see them, they remind us of our own and that make us want to help."It's within a former oil factory, redeployed as a local shelter, that Las Patronas cook and prepare the precious food. At sunrise, a few of them set out to collect the local donations and the leftovers of the surrounding supermarkets, whilst the others ready themselves to cook the meals. Rice, beans, bread, tortillas, pastries and bottled water are then handed out to the passing migrants aboard the train, the whole event lasting less than 5 minutes. However, waiting for the train can be tiresome "We never know when the train will pass by" explains Bernarda, one of Las Patronas. There isno fix hour, sometime we can hear it around the corner at an unexpected moment, sometimes at night, which often leaves us with very little time to run and meet it."Only certainty for these volunteers : up to 3 trains a day, and a lifelong effort for a a fleeting moment of love snatched on the edge of the train tracks



Dans le village mexicain de La Patrona, près d’Amatlán de Los Reyes dans l’état de Veracruz, un groupe de femmes vient en aide aux migrants d’Amérique Centrale qui tentent le long et périlleux voyage vers les Etats-Unis à bord des trains de marchandises.Las patronas (les patronnes), est un groupe d’une quinzaine de femmes vivant dans le village de La Patrona ou ses alentours. Depuis 1995 origine du mouvement, Norma Romero, la fondatrice, ses soeurs, filles et voisines ont pris sur elles de nourrir les migrants du Honduras, du Salvador ou encore du Guatemala qui voyagent à bord de “La Bestia”, un réseau de trains de marchandises longues qui traverse le Mexique et permet d’accéder à la frontière des Etats-Unis.Initialement rejetée par les locaux, leur action a finalement obtenu gain de cause après dix années d’efforts. Les patronas sont aujourd’hui respectées dans le pays et ont attiré l’attention de nombreux médias et politiques. Une popularité qui n’a rien changé à leur combat : depuis 21 ans, leurs journées sont toujours occupées par leur désir de venir en aide aux migrants affamés qui fuient la violence des gangs et le manque d’opportunités. Une chose normale pour Norma Romero : « Pour chaque jeune homme ou femme qui voyage sur ce train, il y a une mère qui souffre et prie pour son enfant. Quand nous les voyons, cela nous fait penser à nos enfants et nous donnent envie de les aider. »C’est au sein d’une ancienne usine d’huile, transformée en refuge, que les patronascuisinent les précieux sacs de nourritures. Dès le matin, quelques unes partent récolter les dons et les invendus des supermarchés alentours, tandis que le reste s’attaque à la préparation des repas. Riz, haricots, pain, tortillas, pâtisseries et bouteilles d’eau seront distribués aux migrants accrochés au train en marche en l’espace de 5 minutes, mais l’attente du train est longue. « On ne sait jamais quand le train va passer, explique Bernarda, l’une des patronas. Il n’a pas d’horaire précis, et on l’entend parfois arriver de façon totalement inattendue, parfois de nuit, ce qui nous laisse très peu de temps pour courir à sa rencontre. »Seules certitudes pour ces bénévoles: jusqu'à 3 trains par jour, un qui-vive permanent et le geste d’amour à l’arraché sur le bord des voies.